Une pause profitable
Un rapide coup d’œil à sa montre confirma à Suki qu’il était l’heure. Elle venait de passer une matinée bien remplie. Un grand nombre d’enfants avait contracté un méchant virus, et la jeune femme devait vérifier la température de chacun, et assister les infirmières présentes, avant de retourner à son occupation favorite, qui était de veiller sur les nourrissons prématurés qui étaient présent dans le service de pédiatrie qu’elle avait rejoint il y avait près de 6 mois.
- Suki-chan, tu es prête ?
Hisa, sa nouvelle collègue, avait prit l'habitude de venir en pause en sa compagnie, pour le plaisir d'entendre son accent français disait-elle. Suki se hâta donc de ranger les derniers ustensiles sortis, et rejoignit la jeune femme.
- Oui, oui, j'arrive !
- Tu peux prendre ton temps, je doute que le restaurant ferme parce que nous avons 2 minutes de retard, s'amusa Hisa.
Il est vrai que Suki avait toujours quelques difficultés à quitter son poste à l'heure. Sa supérieure l'avait d'ailleurs taquinée en lui suggérant de prendre des enfants avec elle lorsqu'elle était en congés…
Fin prête cette fois, la jeune femme rejoignit sa collègue dans le vestiaire, enfila rapidement une veste, et se saisit de son sac, et sortit enfin de l'hôpital dans lequel elle travaillait pour rejoindre le petit restaurant de ramens qu'elle appréciait énormément, tant pour sa proximité que pour l'intimité qu'il procurait à ses convives. En effet, chaque table était isolée, séparée des autres par des paravents, ce qui donnait un charme supplémentaire à l'ensemble confortable de la salle.
Une fois installées, Hisa semblait bien déterminée à en apprendre davantage sur la jeune française qui lui faisait face. En effet, elle n'avait elle-même rejoint le service que quelques jours plus tôt, mais c'était d'emblée entendu avec la jeune femme. Aussi, elle avait apprit que Suki était venue au Japon parce qu'elle était passionnée par ce pays, mais n'avait pas renoncé à son rêve de travailler avec des enfants, et avait fini par faire son apprentissage d'auxiliaire de puériculture à Osaka. Cela faisait maintenant 6 mois qu'elle était titulaire dans cet hôpital.
Après avoir rapidement passé commande, Suki éclata de rire en observant sa collègue, qui semblait la dévisager avec une insistance infaillible.
- Puisque je vois que tu meures d'envie de me questionner, vas-y. Que veux-tu encore savoir ? Je te passionne tant que ça ?
- Et encore, tu es loin du compte ! En fait, je t'admire d'avoir tout quitté pour t'aventurer en terre inconnue, tout ça par passion, alors que moi-même, je n'ose m'aventurer vers Tokyo par peur du changement…
- Oh, tu sais, c'est surtout difficile au début. Le temps de t'habituer un peu, et puis il y a le mal du pays, les parents qui te manquent, et tout ça. Mais d'un autre côté, je n'avais pas trop le temps d'y penser avec l'apprentissage, je me concentrais surtout sur le travail. Et puis… dès que ça va moins fort, je me plonge dans la musique. Et ça, que ce soit ici ou en France, ça ne change pas.
Elle fut interrompue par la serveuse, qui venait leur apporter leurs ramens, avant de repartir conduire d'autres clients à la table adjacente.
- Et tu écoutes quoi, reprit Hisa, de plus en plus curieuse.
- Euh… un groupe principalement…
- Et c'est ?
- Les Kanjani8. Oui, bon, d'accord, ce sont des Johnny's. Ils sont déjantés, mais c'est ce qui fait tout leur charme. J'adore leurs chansons, et j'en parle énormément avec des amies françaises justement. D'ailleurs, je vais à leur concert vendredi prochain ! Regarde, j'ai même déjà le billet !
A ces mots, elle sortit de son sac le précieux billet, acheté pratiquement un mois plus tôt.
- Hmmm… Place 906 ? J'espère que tu en profiteras bien. En tout cas, je suis impressionnée de constater que tu sois passionnée par autre chose que par ton travail ! Rien que d'en parler, tu as les yeux qui pétillent. Je ne connais pas trop les Kanjani8, je t'avoue, mais tu as l'air d'en connaître un rayon… Tu les écoutais déjà avant de venir au Japon ?
- Oh oui ! ça fait un moment, je l'avoue. En même temps, c'est difficile de résister, dès que tu entends parler d'eux, tu ne peux plus t'en passer je crois. C'est l'effet Eitos que veux-tu…
Hisa éclata de rire, avant de reprendre.
- Bon, d'accord, tu es conquise. Mais laisse-moi deviner… Tu as forcément un préféré dans le groupe, non ?
- Et bien… J'aime vraiment les Kanja au complet, d'ailleurs, vivement qu'Uchi revienne ! Mais effectivement, j'ai mon préféré… C'est Subaru…
- Hmmmm… Je crois que ça me dit quelque chose. C'est celui qui est en rouge, c'est ça ? Mais pourquoi lui, et pas un autre ?
A ce moment, Suki était loin d'imaginer qu'à la table voisine, deux jeunes hommes tendaient l'oreille, de plus en plus curieux. En effet, lorsque la serveuse les avait installés, quelques instants auparavant, ils avaient rapidement entendu le nom de leur groupe. Mais maintenant, l'un d'eux était particulièrement ciblé, et il devait avouer qu'il était intrigué. La jeune femme qui parlait de lui avait un accent étranger trop mignon…
Son vis-à-vis sourit à son tour, lui disant à voix basse :
- On dirait que tu es son préféré, Baru… Petit veinard…
- Tais-toi, Shô-chan, ça commence justement à devenir intéressant…
Et les deux compères se plongèrent alors dans les plats qui venaient d'arriver, tout en gardant leurs oreilles bien attentives à la conversation de la table attenante, remerciant le ciel au passage pour les paravents qui leur garantissaient leur anonymat.
- Pourquoi Baru ? Et bien je dois dire que c'est surtout un coup de cœur. Je pense que j'ai totalement craqué en l'écoutant chanter ONE. C'est incroyable d'avoir autant de talent, c'est vrai. Quand tu te rends compte que c'est lui qui l'a écrite… Et puis, je ne peux pas résister à sa voix, si spéciale. Quand il chante, j'en frissonne par moments tu sais… En fait, j'ai découvert les Eitos avec le Neoki Dokkiri, et il me faisait vraiment rire. En fait, j'aime beaucoup sa façon d'être, quand il se lâche avec les autres membres du groupe. Et puis… ses mimiques… il est vraiment trop kawaii… Il est si mignon avec les cheveux longs, et sa petite bouille… Il me fait vraiment craquer…
Une nouvelle fois, le rire d'Hisa retentit dans la salle.
- Et bien dis-moi, j'étais loin de me douter que derrière cette petite auxiliaire de puériculture se cachait une véritable passionnée… On dirait que tu caches bien ton jeu. Tout à l'air de s'illuminer quand tu parles de lui, c'est incroyable. Et c'est pour ça que tu as quitté la France pour venir au Japon ? Pour lui ?
- Baka ! Bien sûr que non ! Je ne suis pas l'une de ces fans hystériques qui serait prête à tout pour lui. Si je suis venue, c'est vraiment parce que le Japon me plait. Et, même s'il est vrai que c'est beaucoup plus facile de venir voir les Eitos quand on vit ici, je n'en fais pas une priorité. D'ailleurs, tu commences à me connaître non ? Je suis tellement timide que je n'oserais jamais l'approcher, même si je le croisais un jour dans la rue…
- Ah là… j'avoue. Donc c'est juste un rêve quoi…
- On peut dire ça comme ça. Baru, c'est un coup de cœur, autant pour sa voix que pour sa personnalité. Mais il faut savoir rester réaliste, et avancer, ne ? Donc je me contente d'aller le voir sur scène, avec les Kanjani, et rien que ça, c'est merveilleux.
- En tout cas, tu caches bien ton jeu, on dirait vraiment que tu n'aimes que ton travail quand on te voit avec les enfants… Une vraie mère poule…
- Oui, mais c'est plus facile d'être proche des enfants. Et quand on est timide comme moi, ça aide. D'ailleurs, en parlant du travail, la pause est pratiquement terminée. Si tu ne te dépêches pas, on va finir par arriver en retard…
- Mince !
Hisa termina donc son bol en quatrième vitesse, puis rejoignit Suki pour régler leur note, avant de reprendre le chemin de l'hôpital.
A leur table pourtant, deux jeunes hommes restaient silencieux, avant que Shota ne se décide à prendre la parole :
- Euh… C'est pas pour t'embêter, mais t'es vraiment très rouge Baru… Les ramens sont trop chaudes ?
- Non, non…
La réflexion de son ami fit piquer un nouveau fard à Subaru.
- En tout cas… on sait maintenant que quelque part dans la salle vendredi soir, il y aura une auxiliaire de puériculture qui est totalement dingue de toi…
- Dis, tu crois qu'on peut savoir où est la place 906 toi ?
A ces mots, Yassu éclata de rire, et provoqua immanquablement une nouvelle gène chez son ami, qui le reprit à l'ordre.
- Shô-chan ! Je te rappelle qu'on est censés rester incognito. Bravo la discrétion avec toi !
- Dis plutôt que c'est autre chose qui t'embête. Je pourrais parler de ta petite fan aux autres.
Voyant le regard menaçant qui lui était adressé, il reprit :
- Bon, bon, d'accord, on gardera ça pour nous. Mais… tu aurais envie de lui réserver une petite surprise, non ? Je vois bien que ça te travaille.
- Je ne sais pas… Mais ce qu'elle a dit sur moi, ça m'a beaucoup touché… Et puis… elle est trop kawaii…
- Tu ne l'as aperçue que 2 secondes quand elle est allée payer…
- Et alors ? Dis Shô-chan, tu crois que tu pourrais m'aider ?
- Je suis impressionné ! Tu veux dire que tu vas affronter ta timidité maladive ?
- …
- Bon, d'accord, d'accord, j'ai rien dit. En tout cas, vous avez déjà au moins un point commun !
- C'est ça, moque-toi !
- Je dis ça parce que je t'aime ! Mais si tu décides d'agir, il faut bien te mettre en tête que les autres finiront par savoir quelque chose, tôt ou tard…
Subaru soupira, et se résigna. Après tout, rien ne pouvait rester bien longtemps secret entre les Kanjani8. Et puis, ils pourraient même tous l'aimer. Elle les aimait tous, et en plus, souhaitait le retour d'Uchi. Et puis… une occidentale, ce n'était pas courant…
* * *
Le vendredi suivant
Le jour tant attendu était enfin arrivé pour Suki, qui avait mis un temps incroyable à trouver ce qu'elle allait bien pouvoir se mettre sur le dos. Puis, se disant que c'était les Eitos après tout, elle s'était amusée à mettre de la couleur partout. Le résultat était détonnant : toutes les couleurs des Kanjani8 s'étaient rassemblées dans un joli ensemble, entre les vêtements, les accessoires, les chaussures… Oui, elle était fière d'elle.
Elle allait enfin entre. Après une attente interminable, elle était enfin devant l'entée, et présentait son billet pour accéder enfin à la salle. Mais la personne qui tenait son ticket la regardait étrangement, et finit par lui dire :
- La place 906 ? Hmmm. Gardez bien le billet, et revenez me voir à la fin du concert. Je voudrais vérifier quelque chose avec vous…
- Ah ? Euh… Si vous voulez… Je dois revenir ici ?
- Oui, s'il vous plait.
- Très bien.
- Merci. Et bon concert !
- Merci.
Elle s'éloigna enfin, et s'installa rapidement à la place qui lui était attribuée, tout en se demandant quel était le problème de son ticket. Mais après tout, ce n'était pas le plus important à pour l'instant.
Il fallu encore patienter, tandis que le public continuait de remplir la salle. Puis, l'attente qui lui semblait interminable prit fin, et que la scène s'animait petit à petit, pour faire enfin apparaître son groupe favori ! Enfin ! Ils étaient devant elle, là, sur la scène. Les Eitos…
Chaque chanson était un pur enchantement, les Kanjani étaient visiblement en forme, et la salle s'en donnait à cœur joie. Les titres les plus anciens étaient mêlés aux plus récents, pour le plus grand bonheur de Suki, qui vivait un moment intense. Quelques fois, elle avait même la chance de voir de très près certains de ses favoris, qui surplombaient le public à l'aide de sorte de bras télescopiques…
Les solos étaient vraiment grandioses. Elle avait notamment pensé à Odeia, l'une de ses amie restée en France, qui n'avait malheureusement pas pu se rendre au Japon pour l'occasion, pendant le solo d'Ohkura, qui n'était autre que Mamoritai. Une nouvelle pensée, à Lily cette fois, tandis que Ryo interprétait Stereo. Etrange… On aurait dit que certains Eitos Rangers avaient décidé de revenir à des titres plus anciens…
Mais elle oublia tout lorsque ce fut le tour de Subaru. Exhibant parfaitement sa couleur, dans un complet rouge qui lui allait à merveille, une rose rouge à la main, il entonna doucement les premières notes de ONE. Un frisson secoua la jeune femme. Elle n'osait bouger, à peine respirer, tant elle était émue. Cette chanson de SubaruBand… Ce qu'elle l'aimait… Elle avait l'impression de retourner en arrière, de craquer pour ce chanteur à la voix incomparable et au talent indéniable…
Justement, celui-ci était maintenant promené au dessus du public, dans sa petite nacelle, qui se dirigeait justement vers l'endroit où Suki se trouvait. Alors qu'il arrivait pratiquement à sa hauteur, Subaru porta la rose à ses lèvres, y déposa un baiser, et… regardant Suki dans les yeux, doucement, il lui envoya la rose, qui tomba dans les mains de la française, abasourdie, sous le regard furieux de certaines fans du beau ranger rouge…
Totalement sous le choc, la jeune femme assista à la fin du concert dans une sorte d'état second, se demandant si elle n'avait pas rêvé ce regard de son idole, même si aucun des titres de son groupe favori n'échappa à ses oreilles averties.
Elle tenta de reprendre ses esprits alors que la salle s'était pratiquement vidée, le concert étant à présent terminé. Pourtant, gardant la rose précieusement dans ses mains comme si elle allait disparaitre, elle regagna à son tour la sortie, se rappelant soudain qu'elle devait retrouver la personne qui avait validé son billet.
A peine était-elle revenue à l'entrée qu'elle se faisait à nouveau interpeler.
- La place 906 ! Je vois que vous tenez vos engagement, c'est très bien ça ! En fait, j'ai détecté un petit soucis avec votre billet. Où et quand l'avez-vous acheté ?
- Et bien à la billetterie de la grande surface près de chez moi, il y a un peu plus d'un mois…
- Je vois. Vous voulez bien me confirmer votre nom et votre adresse, par précaution ? Je vais juste faire quelques vérifications. Ah et j'aurais aussi besoin d'une pièce d'identité.
- Mon passeport fera l'affaire ?
Inquiète, Suki donna donc les informations demandées, et récupéra son passeport, une fois que l'employé eut tout noté et vérifié.
- Ne vous en faites pas, c'est une procédure plus courante qu'elle n'en a l'air…
- Euh… d'accord. Mais je devrai repayer ma place, ou quelque chose comme ça ?
- Non, non, rassurez-vous. En fait… Je devais être sûr de votre identité mademoiselle. Je suis désolé de vous avoir autant inquiétée… Pour tout vous dire… j'ai quelque chose à vous remettre.
Elle le regarda sans comprendre. D'abord, son billet est étrange, ensuite la rose, et maintenant, on doit lui donner quelque chose ? Elle n'eut pas à se questionner davantage que l'employé lui remis un petit paquet d'enveloppes de couleurs différentes.
- S'il vous plait, attendez d'être chez vous avant de les ouvrir, d'accord ? C'est vraiment important…
- Euh… d'accord. Merci.
- Bonne soirée mademoiselle. A bientôt !
- … Merci. Bonne soirée.
Toujours troublée, elle rentra alors plus par automatisme qu'autre chose jusqu'à son appartement, où elle se laissa tomber sur son canapé. Puis, repensant aux enveloppes qu'elle avait glissées dans son sac, elle les déposa alors sur une table, et remarqua que chaque enveloppe était en fait à une couleur des Eitos.
Elle prit la première devant elle, la verte. A l'intérieur, elle découvrit une lettre, avec quelques mots :
« Bonjour Suki-chan !
Merci pour nous soutenir autant !
J’espère que j’aurai moi aussi la possibilité de te rencontrer au restaurant un de ces jours…
Ohkura Tadayoshi »
Ahurie, elle se demandait s’il s’agissait réellement d’un message du ranger vert, et ce qu’il voulait dire par là. Elle continua alors sa lecture, ouvrant les lettres une par une.
Chaque message contenait un petit mot personnalisé, la remerciant d’être une fan, et une petite phrase un peu plus personnalisée, apparemment de la part de chacun des Eitos. Décidément, elle ne comprenait rien. Elle avait même une enveloppe rose !
« Bonjour Suki-chan !
Merci d’être si enthousiaste en parlant des Kanjani8.
Et surtout, merci de penser à mon retour, ça me touche beaucoup. J’espère pouvoir un jour te rencontrer.
Uchi Hiroki »
C’était à n’y rien comprendre. Quelqu’un lui jouait une blague ? Faisait-elle partie d’une farce organisée ? Elle ouvrit enfin la dernière lettre, la rouge, celle qu’elle avait volontairement mis de côté, peut-être par peur, peut-être par appréhension…
« Chère Suki-chan,
Merci pour tout ce que tu as dit la semaine dernière au restaurant à ton amie. Ne m’en veut pas d’avoir été indiscret. Mais j’ai vraiment été touché par tes mots.
J’espère que tu recevras bien la rose qui t’es destinée ce soir pendant mon solo.
Les Eitos Rangers te soutiendront autant que tu les soutiens.
Avec toute ma tendresse,
Shibutani Subaru »
Cette fois, c’était sûr, elle rêvait. Pourtant, petit à petit, les mots de Subaru semblaient remettre le puzzle en place. Voilà pourquoi ces lettres ! Voilà pourquoi la rose ! En fait, Subaru avait entendu sa conversation avec Hisa, et avait tenu à la remercier !
Les mains tremblantes, tandis qu’elle se saisissait des lettres étalées sur la table, des larmes se mirent à inonder les yeux de la jeune femme, pour finir par longer ses joues…
* * *
Le lendemain
Suki avait fini par se remettre de ses émotions. La journée de la veille resterait sans aucun doute la journée la plus riche en émotions de sa vie. Elle allait chérir les précieux souvenirs qu’elle avait pu accumuler, et reprendre le cours normal de sa vie…
Pourtant, à 10 heures, sa supérieure la réclama.
- Suki, tu peux me suivre à mon bureau s’il te plait ?
Intriguée, elle fit ce qu’on lui demandait, et referma la porte derrière elle. Sa responsable esquissa un sourire, en la rassurant.
- Ne t’en fais pas, je n’ai rien à te reprocher, on dirait que tu te diriges au peloton d’exécution. Je voulais simplement te dire qu’on a fait livrer ça pour toi…
Joignant le geste à la parole, elle lui désigna alors un énorme bouquet de fleurs, orné d’une petite enveloppe rouge.
- Comme c’est plutôt rare et que ça a l’air important… je te laisse quelques instants pour lire la carte et l’arranger un peu dans un vase, ça serait dommage qu’il s’abîme… retourne travailler dès que tu as finis.
- Merci sensei !
- Je suis ravie pour toi, je me disais aussi que ta vie semblait un peu vide sans quelqu’un pour s’occuper de toi… termina sa supérieure, avant d’ouvrir la porte, et de s’éloigner.
Curieuse, la jeune femme saisit alors l’enveloppe, et l’ouvrit. Ça n’était tout de même pas…
« Chère Suki-chan,
J’espère que tu ne m’en voudras pas d’avoir utilisé un moyen détourné pour savoir où tu travaillais…
Si tu le veux bien, nous serons au restaurant de la semaine dernière pour le déjeuner, et j’aimerais vraiment que tu te joignes à nous…
En attendant, voici ces quelques fleurs pour la plus belle des roses.
Je t’attendrai.
Subaru »
* * *
A midi
- Suki-chan, on déjeune ensemble à midi ?
- Je suis vraiment désolée Hisa-chan, mais on m’attend.
Et pour la première fois depuis sa prise de service 6 mois plus tôt, Suki termina son service à l’heure, et, le cœur battant, se précipita vers son restaurant favoris, où elle précisa à la serveuse qu’elle était attendue. Cette dernière esquissa un sourire, et l’invita à la suivre.
Elle s’arrêta devant une table, et Suki fit alors face à toutes ses idoles, un large sourire aux lèvres, l’accueillant bruyamment.
- Je t’avais bien dit qu’elle viendrait !
- T’as vu, elle est trop kawaii !
- Mais taisez-vous, vous allez lui faire peur !
- Elle est fan de nous, elle doit bien savoir qu’on est toujours comme ça !
- C’est pas une raison !
- Et si on faisait les présentations ?
- On pourra le faire pendant qu’on commande, j’ai faim moi !
- Laissez-la s’asseoir d’abord !
Coupant court à toutes les conversations, l’aîné du groupe s’approcha d’elle, et lui dit :
- Désolé pour cet accueil… Ne sois pas si gênée ! Mais je crois savoir que tu nous aimes comme ça, non ?
Luttant pour retrouver sa voix, Suki arriva enfin à répondre au jeune homme.
- Merci, Yokoyama-san. Mais effectivement, c’est comme ça que j’aime les Kanjani8.
Cette déclaration déclencha une nouvelle salve de commentaires, que Yassu fit taire à son tour.
- Laissez-la au moins s’installer ! Viens là, Suki-chan. On t’as laissé une place juste à côté de moi…
Il fallait dire que cette place était également voisine de celle de Subaru, qui n’avait toujours pas décroché un mot, se contentant de la suivre des yeux. Pourtant, dès qu’elle fut installée, elle allait le remercier, mais fut prise de court lorsqu’il lui murmura :
- Finalement, tu es venue… Merci…
Fin
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